Être bénévole à Emmaüs Longjumeau

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Je m’appelle Nicole et je suis bénévole à la communauté Emmaüs de Longjumeau.

Bénévole : Chacun sait ce que ce mot veut dire, engagement, activité non rétribuée, temps donné, etc. Et à l’époque où je me suis engagée, jeune retraitée, c’est ce que je recherchais. Mais pourquoi Emmaüs ? Ce n’est pas tout à fait par hasard que l’on y vient. Dans l’inconscient collectif, cette association est emblématique, l’image de l’abbé Pierre est très présente et nous avons tous un jour ou l’autre été client dans un bric, et c’était mon cas. C’est d’ailleurs lors d’un achat à Longjumeau que j’ai rencontré une dame qui tenait la caisse et en échangeant quelques mots avec elle, j’ai découvert qu’elle était bénévole. Je connaissais l’existence des compagnons, qu’autrefois on appelait les chiffonniers, mais je n’avais aucune idée ni de leur mode de vie ni du fonctionnement de cet endroit appelé communauté et j’ignorais qu’il y avait des bénévoles (appelés amis) à Emmaüs.  

Et c’est ainsi que j’ai posé ma candidature sans savoir à quoi je m’engageais : J’avais beaucoup d’interrogations. Je me demandais ce que je pourrais y faire ? Qui sont les compagnons ? Qui sont les autres bénévoles ? Mais, en fait, j’ai vite trouvé une place, au tri, à la vente ou à la caisse, et même au conseil d’administration.

Et voilà, vingt-deux ans après, j’y suis encore, et toujours aussi motivée.

J’y ai découvert un monde et une population que je ne connaissais pas, moi qui venais du milieu bien protégé de l’enseignement. Et si j’y suis encore, c’est que je m’y suis sentie bien, que j’y ai découvert des trésors de courage, d’énergie, d’inventivité, de bonne volonté et d’empathie chez les compagnons qui ont pourtant, pour beaucoup, vécu des expériences terribles. J’y ai admiré la dignité retrouvée de ces abîmés de la vie et aussi l’envie de s’intégrer de tous ces jeunes venus d’ailleurs, déracinés, privés de leur famille, de leur culture et de leur langue maternelle. Par l’activité que leur propose la communauté, ils grandissent et retrouvent équilibre et sécurité et on les voit debout, dignes et fiers de la vie qu’ils y mènent. Très riches aussi sont les relations avec les autres bénévoles et les responsables de la communauté, des personnes venues de tous les horizons, qui partagent toutes l’envie de participer à cette grande aventure qu’est une communauté. Enfin, contribuer à défendre de belles valeurs comme l’accueil inconditionnel, la solidarité et d’une certaine façon, l’économie circulaire en limitant le gaspillage des ressources et l’impact environnemental, a quelque chose d’infiniment gratifiant.

Chacun a sa place – Chacun à sa place.

Mais attention, Mesdames et Messieurs les futurs bénévoles, n’allez pas croire qu’à Emmaüs tout est rose ! Nous ne sommes pas dans un monde parfait. Les relations ne sont pas toujours au beau fixe, des individualités s’affrontent, certains compagnons sont parfois de mauvaise humeur. Certains luttent encore contre l’alcool ou même la drogue et il leur faut un encadrement aussi sévère que bienveillant. Mais tous ont été en graves difficultés à un moment et c’est pour ça qu’ils sont ici. Des règles doivent être appliquées aux compagnons mais aussi aux bénévoles.  Pour les compagnons qui se conduisent mal, c’est une autre communauté qui les attend et pour les bénévoles indélicats ou malfaisants, car cela existe, c’est la porte ! Et attention aux illusoires tentatives de prise de pouvoir par certains, elles ne sont pas tolérées. N’oublions jamais que si nous appartenons à la communauté, en revanche, la communauté ne nous appartient pas. Présidente et responsables de la communauté peuvent en témoigner, la vie à Emmaüs Longjumeau n’est pas un long fleuve tranquille, ils ne savent jamais le matin ce qui les attend pour le reste de la journée.

Mais malgré tout ce qui peut arriver, tous les incidents qui peuvent se produire chaque jour, quel bonheur de se retrouver tous ensemble, responsables, compagnons et bénévoles, à la fin d’une journée de grande vente réussie, ou pour une fête de Noël conviviale, ou encore pour une sortie communautaire, tous ces moments où nous sentons avec force que nous appartenons à la même famille, que nous sommes détenteurs des mêmes valeurs et que nous avons la même envie d’œuvrer pour un monde plus juste. Et nous savons alors, nous les bénévoles, que nous n’avons pas perdu notre temps. Nous sommes devenus meilleurs.

Je terminerai d’ailleurs par ces mots de l’abbé Pierre, notre fondateur : « Emmaüs, ce n’est pas ce que des amis et moi avons fait, c’est ce qui nous est arrivé ».

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